Parler du coronavirus aux enfants

Mon expérience de maman, c’est que les enfants ont besoin de comprendre. Et face à la maladie, même grave, pouvoir poser leurs questions et avoir de vraies réponses est encore plus important.

Bien sûr, pour les adultes qui les accompagnent, répondre à leurs questions n’est pas toujours simple – surtout qu’on n’a pas toutes les réponses soi-même !

Ces dernières semaines, plusieurs initiatives ont ainsi vu le jour pour expliquer le coronavirus aux enfants – ce qu’on sait, en tout cas, de ce virus qui laisse encore beaucoup d’inconnues. À la maison, nous avions déjà beaucoup discuté et échangé à partir d’articles de la presse généraliste, en expliquant, développant, décryptant… Mais mon « petit dernier » a 9 ans et demi, il n’est donc pas si petit que ça ! Et puis, j’avoue… j’aime bien comprendre moi aussi alors j’ai tendance à creuser jusqu’à ce que tout soit bien clair.

Il m’a donc fallu un peu de temps pour découvrir l’extraordinaire travail réalisé par la Cité des Sciences : à la fois limpide, précis et complètement abordable. Un travail complété au fil des jours, des découvertes scientifiques et des questions posées par les enfants.

Ils l’indiquent pour les 6-10 ans. Je pense que cette exposition virtuelle peut être utile bien plus largement, ne serait-ce qu’en donnant les clés aux adultes pour répondre ensuite avec leurs mots aux enfants plus jeunes !

Et puis, vous aussi, vous vous êtes peut-être posé la question : de quelle couleur est le coronavirus ?

Ce qui me fait penser que, pour les adultes, il y a aussi cette exposition virtuelle, mise à jour régulièrement (la date est indiquée en bas des planches… une vraie rigueur scientifique jusqu’au bout). La Cité des Sciences fait décidément un travail remarquable…

Dans un format différent, il faut aussi que je vous parle de ce petit livre édité par Gallimard Jeunesse, accessible et joliment illustré (en téléchargement gratuit ici).

Un joli travail, qui rassurera les plus jeunes… mais un détail me gêne un peu. L’album explique que le coronavirus est facile à combattre pour une personne en bonne santé mais pas forcément pour quelqu’un qui est âgé ou qui a une autre maladie. Cela correspond à ce qu’on pensait au début de l’épidémie (et c’est peut-être à ce moment-là que l’album a été écrit) mais on s’est rapidement rendu compte que des personnes pouvaient avoir des formes graves sans être « à risque ».

Bien sûr, il ne s’agit pas d’alarmer inutilement les enfants – il faut se rappeler que la plupart des personnes qui attrapent le Covid-19 guérissent spontanément ! Mais l’approximation me gêne ; je me souviens avoir entendu des adultes conclure un peu vite « je suis en bonne santé, donc je ne risque rien »… et ce n’est pas vrai non plus.

Bref, moi, j’aurais juste modifié cette phrase « Mais il y a certaines personnes qui sont moins en forme et pour qui c’est plus difficile. » en gardant simplement « il y a certaines personnes pour qui c’est plus difficile. » Et si vous le lisez à haute voix à un enfant… rien ne vous empêche de faire pareil. 😉 Je ne pense pas que cela alarmera les enfants… et ce sera plus juste.

En tout cas, sur ce sujet comme pour tout, je crois qu’il ne faut pas hésiter à avouer qu’on ne sait pas. Se renseigner ensemble, réfléchir ensemble… Et si on connaît quelqu’un qui a eu le Covid-19 et va bien (même pas personnellement, on a le droit de parler d’une célébrité si on veut !), ne pas hésiter à le citer, parce que c’est toujours plus rassurant de toucher du doigt que beaucoup guérissent.

Impossible de finir cet article sans penser à ceux pour qui cette maladie n’est pas si clémente… La maladie est toujours injuste et dans ces cas-là, il est sans doute encore plus important d’être écouté que d’avoir des explications… Si vous ou votre entourage êtes dans ce cas, sachez que je pense fort à vous…

2 Comments

  1. Marie

    Un article qui est intéressant pour tous, Anne. Merci !

    C’est effectivement intéressant une publication virtuelle. Elle peut être actualisée !
    Et avec ce virus tout neuf, c’est si important de “coller” au plus près de ce que l’on observe, dire qu’on ne sait pas quand c’est le cas.

    Je me souviens avoir laissé un commentaire dans lequel je te disais, qu’ayant été malades, vous seriez maintenant immunisés. Or, ce n’est plus si sûr en fait …

    Suivant les pays, les approches sont différentes aussi. Ce serait pas mal de pouvoir aller voir ailleurs.
    Mais là, le problème, pour beaucoup d’entre nous, c’est la barrière de la langue … pour moi la première. 😉

    J’espère que vous avez tous bien récupéré maintenant !

    • anne(tte)

      Merci à toi pour ton commentaire ! 🙂
      Effectivement, on ne sait pas à quoi s’en tenir avec ce virus… :/ J’espère que nous sommes immunisés mais pour l’instant, le doute subsiste…
      Et c’est très vrai ce que tu dis, pouvoir lire dans une autre langue est très précieux. Déjà, l’anglais ouvre beaucoup de portes… je tente des fois en allemand ou en italien mais c’est nettement moins évident. 😛 En même temps, c’est une question de pratique, je devrais peut-être tenter plus souvent ?

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