Auteur/autrice : anne(tte) (Page 1 of 13)

Radium Girls – Cy

Lecture d’il y a quelques semaines, pas encore partagée… Une BD, sur une histoire vraie, d’une grande créativité visuelle… lue deux fois d’affilée : une première pour l’histoire, une deuxième pour revoir les images, être attentive aux détails…

Dans Radium Girls, on découvre les vies grandioses et minuscules de six femmes. Six copines, qui travaillent ensemble à l’usine URC. Nous sommes dans les années 20 et elles ne sont pas peu fières de ce travail bien payé qui leur permet le luxe de s’acheter un sandwich le midi et, surtout, d’être autonomes…

On plonge avec elles dans les années 20, la musique, le cinéma, les speak-easy et leur alcool de contrebande, et une certaine légèreté de vivre…

Quelques images, des couleurs en camaïeu, du crayon de couleur et on y est… Les petits détails des vêtements, du poste de radio, la musique qui sort des cases… dès les premières planches, un ton est donné. Et on devine que cette histoire ne va pas être si légère…

Parce que nous, on sait, contrairement aux femmes des années 20 pour qui le radium découvert depuis peu était un produit magique, anti-âge, le composant précieux d’une peinture qui brille dans le noir et qu’on utilise pour peindre les chiffres sur les cadrans des montres.

C’est leur travail, aux six copines. Un travail pas difficile mais méticuleux : il faut bien lisser le pinceau avant chaque prélèvement de peinture. Ça laisse un drôle de goût dans la bouche, mais ce n’est pas forcément désagréable…

On suit les six copines dans leurs petites histoires, les sorties à la plage, les potins… Chacune a sa personnalité, et c’est une des grandes réussites de l’album de les faire exister, de Mollie la délurée à Grace la militante, ou Edna plus réservée…

On ne vit pas au contact du radium sans conséquences, et la suite de leur histoire sera tragique… mais cette BD, c’est aussi réhabiliter les « radium girls », leur combat pour faire reconnaître leurs droits, les sortir de l’oubli parce qu’elles ont contribué à des avancées qu’elles n’ont pas vues mais qui ont changé sans doute des milliers de vies…

Je l’ai déjà dit, le travail de Cy, tout aux crayons de couleurs, est remarquable. Ce qui est drôle, c’est qu’au moment où je lisais la BD, je découvrais qu’elle faisait un cours sur Artesane sur… l’illustration à l’encre ! C’est une artiste aux talents multiples !

En tout cas, Radium Girls est une belle BD à découvrir… si vous ne l’avez pas lue à sa sortie, il y a un peu plus d’un an (on en a bien parlé à l’époque, à juste titre), n’hésitez pas !

(et n’oubliez pas de regarder la couverture dans le noir… j’dis ça, j’dis rien…)

France Culture a fait deux émissions sur cette histoire vraie. Une plongée dans l’époque, des entretiens avec des historiens, plein de détails en plus par rapport à la BD… Un voyage sonore à découvrir ici.

https://www.franceculture.fr/emissions/une-histoire-particuliere-un-recit-documentaire-en-deux-parties/radium-girls-12-des-femmes-lumineuses

Espérance

Voilà plusieurs jours que la guerre est en Ukraine, s’entrechoquant dans les nouvelles toujours plus lourdes, qui nous touchent au cœur…

L’impuissance, on ne l’a peut-être jamais autant ressenti. Nos petits actes de paix autour de nous semblent bien dérisoires…

Pourtant, on sait qu’il faut continuer, encore, à aimer, à espérer, à partager, à écouter, à être avec ceux qui sont près et ceux qui sont loin, ceux qui pleurent et ceux qui rient, ceux qui désespèrent et ceux qui œuvrent chaque jour pour un monde meilleur, sans se décourager (ou parfois, mais pas longtemps…).

Les sentiments s’entrechoquent au creux du cœur.

Le ciel s’inonde de lumière.

Les mots ne suffisent pas.

Alors, j’ai sorti mes crayons, et j’ai dessiné. Une photo qui montrait la désolation, où j’ai mis des couleurs, de la douceur, celle que je souhaite à ceux qui sont là-bas.

Un peu de printemps qui revient.

Petit acte dérisoire, pourtant aussi important que tous les autres.

Un petit acte qui va se tisser avec d’autres petits actes pour, peut-être, quelque chose de plus grand.

Qui arrive à contretemps, parce que les autres petits actes pour ceux qui sont près ou ceux qui sont loin ne laissent pas beaucoup de place.

Qui arrive à temps, peut-être, pour dire qu’on pense toujours à tous ceux qui sont pris dans la guerre, la détresse, la solitude, la peur…

Petit acte d’espérance.

Parce que c’est ce dont on a le plus besoin.

Cliquer sur l’image pour l’avoir en plus grand

Annie au milieu – Émilie Chazerand

Soyons honnête : j’ai lu ce roman sur un malentendu. Je m’attendais à quelque chose de très léger, très fantaisiste (un peu comme un livre de Clémentine Beauvais…). La faute à la bande-annonce, à l’éditeur… à des a priori, peut-être. Un auteur qui écrit un livre autour du handicap, c’est forcément pour dire que c’est tout léger, facile, pas comme on croit, un nuage de Barbapapa garni de fraises Tagada (au moins).

Alors que Annie au milieu, c’est sans doute le contraire : le roman anti-préjugés. Le roman vrai-de-vrai, promis-juré-craché. Le roman de la vraie vie, en fait.

Il y a donc Harold, Annie, Selma, Jérôme et Solange. Harold a 18 ans, il cuisine tout le temps et il cache ses problèmes à ses parents. Selma a 15 ans, elle dessine tout le temps et vit comme si elle était invisible. Au milieu, il y a Annie. Annie a 17 ans, elle est trisomique, elle adore les majorettes et elle dit : « la vie de Annie Deroschelles, c’est la perfection ». Et puis, il y a Jérôme et Solange, les parents, qui font ce qu’ils peuvent, des blagues pourries (pour Jérôme) et tout un tas de choses pour sa famille, qui font qu’elle a renoncé à son travail (pour Solange).

Tout ce petit monde vit ensemble comme il peut, et Annie est leur soleil. Parce que voilà, la trisomie d’Annie, ça change tout pour rendre la vie compliquée, et ça met aussi du soleil partout. Parce que justement, rien n’est simple, et sûrement pas cette différence qui donne un autre regard sur la vie, mais aussi plein de choses auxquelles il faut faire attention (les problèmes cardiaques, les examens multiples…).

L’incident qui va mettre leurs vies sans dessus-dessous – ou bien tout remettre encore plus beau – c’est un concours de majorettes. Annie est dans un club de majorettes, elle adore ça, comme elle aime Dalida et les tenues à paillettes. Seulement, quelqu’un comme Annie dans un club de majorettes, ça met un peu le bazar dans la chorégraphie hyper pro que veut monter leur entraîneuse pour le grand événement du printemps. Alors, elle demande qu’Annie ne revienne plus.

Pour Selma, Harold, Jérôme, Solange et l’incroyable Mamie Marie-Claire (elle, je vous laisse découvrir), ce n’est juste pas possible. Alors, ensemble, il va falloir qu’ils trouvent une solution…

J’ai beaucoup aimé ce livre. J’ai aimé qu’il soit raconté à trois voix : Selma, Annie, Harold – raconter le monde à travers les yeux d’Annie, tout en faisant complètement exister son frère et sa sœur, quelle réussite merveilleuse !

J’ai aimé qu’il soit complexe et pas Barbapapa, tout en se lisant comme le livre le plus facile à lire qui soit : complexe dans les sentiments, la réalité, pas dans l’écriture.

J’ai aimé qu’il soit réaliste tout en étant farfelu/déjanté, qu’il y ait une superette asiatique, un club de majorettes, une poule et Dalida.

Qu’il soit drôle sans être léger.

Qu’il soit si unique, en fait.

L’éditeur a fait une bande-annonce super, qui fait envie (et même, qui fait regretter de ne pas pouvoir voir le film). Mais je ne vous la mettrai pas – elle laisse imaginer un autre livre, qui aurait été bien aussi, mais qui n’aurait pas été celui-là.

Découvrez plutôt celui-là. Et puis, vous me direz.

Ma miss de 14 ans a adoré, elle qui aime les histoires qui parlent de la réalité, et aussi les histoires écrites avec fantaisie.

On vous le conseille toutes les deux.

Janvier féministe #2 – Le féminisme, par Anne-Charlotte Husson, Thomas Mathieu

Alors oui, je sais, nous sommes en février, alors « Janvier féministe »… mais euh, ma thématique de janvier, j’aurais envie de la continuer un peu… alors, par la magie des « on dirait que », commençons par « on dirait que le janvier féministe pourrait aussi se faire en février… » (pouvoir de l’imagination)

Cette deuxième lecture féministe de janvier, c’est ma fille qui me l’a faite découvrir… c’est le cadeau d’une de ses amies qui est la fille d’une de mes amies… une histoire filles (et d’amat